Rallier son équipe aux tâches moins stimulantes

Apprenez à transformer la résistance en collaboration en ajustant votre approche lors de la délégation de tâches ingrates.

Hé qu’on aime sa job de gestionnaire quand on délègue une tâche le fun : on sait que l’adhésion sera immédiate, qu’on va grimper instantanément de quelques rangs dans l’estime de l’employé·e, que la job sera faite avec soin et amour. Il fait beau, les oiseaux chantent!

Hé qu’on haït sa job de gestionnaire quand on délègue une tâche ingrate : on stresse, on anticipe une réaction de m…, on craint que l’employé·e nous regarde de travers pour quelques jours. On se résigne d’avance à un résultat qui sera, au mieux, correct.

Puis il y a toujours l’évitement. Je connais des gestionnaires qui ont réglé le dernier scénario en assumant eux/elles-mêmes les tâches impopulaires. Mais nous savons tous que c’est la pire des solutions, n’est-ce pas?

Bref, déléguer une tâche poche ça reste… une tâche poche, car l’adhésion ne se commande pas. Par contre, elle se cultive par une approche nuancée qui transforme la perception de la contrainte en un engagement réel.

Cédez un (certain) contrôle

L’un des leviers les plus puissants pour désamorcer la résistance est l’octroi d’une certaine autonomie, aussi mince soit-elle. Bien sûr, il est difficile de bouger sur la nature de la tâche et l’échéancier, mais n’hésitez pas à donner les rênes de la séquence des étapes, des outils utilisés ou de l'organisation de l'horaire à la personne responsable du dossier.

Vous permettez ainsi aux membres de votre équipe de conserver un sentiment de contrôle. Cette marge de manœuvre, même symbolique, aide l’esprit humain à rationaliser plus facilement un résultat imposé et à s’approprier le mandat de manière proactive.

Ne tentez pas de « vendre » la tâche

Lorsque vous essayez de faire passer la pilule en douceur et présentant la tâche avec des pincettes ou en laissant entendre que « c’est juste pour cette fois-ci », vous encouragez involontairement une forme de résistance en plus de vous peinturer dans le coin pour une situation similaire dans le futur. Cette résistance sera d’autant plus grande si vous tentez de rendre la tâche plus sexy qu’elle ne l’est en réalité. Vos collègues ne sont pas dupes !

Pour aider ces dernier·ères à se mettre en mode action, il est préférable d'afficher une clarté absolue dès le départ : la décision est prise et il faut la concrétiser. Cette fermeté empêche le cerveau de s’attarder à la pertinence du projet pour se concentrer pleinement sur son exécution.

Contexte = légitimité

Au-delà de la tâche elle-même, c’est la légitimité du processus qui détermine l’accueil qui lui sera réservé. On accepte beaucoup mieux une corvée si on perçoit que la répartition du travail est équitable et logique. Pour ce faire, partagez ouvertement les critères qui ont mené à votre choix et démontrez en quoi cette décision s'aligne avec les besoins collectifs du service.

En appliquant ces simples principes, vous nourrissez un environnement de travail basé sur l’honnêteté et la confiance. Ce terrain de jeu motivera vos collaborateurs et collaboratrices à se retrousser les manches, même devant les tâches les plus ingrates, sachant que leur contribution est reconnue et que le processus qui les a définies est intègre.

 
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Apprivoiser l’impuissance pour mieux gérer son stress