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Cinq pistes pour mieux gérer à distance
Voyez cette période trouble comme une opportunité pour vous attarder à l’aspect relationnel de votre leadership. Votrte équipe en a besoin!
« Invention, je suis ta MÈRE! »
Ou comment transformer une crise en opportunité.
Dans mon article précédent, je décrivais en quoi le confinement a amplifié les défauts et qualités des leaders et des effets émotionnels ressentis chez les employés.
La situation est difficile, mais la nécessité étant mère de l’invention, je vois aussi cette période trouble comme une opportunité pour vous attarder à l’aspect relationnel de votre leadership. Vous avez déjà prouvé votre résilience en vous adaptant rapidement aux aspects financier et logistique; maintenant votre équipe a plus que jamais besoin de votre sensibilité et de vos qualités humaines.
Alors passons à l’action. En voici 5 à considérer sérieusement.
1. Donnez-vous une chance.
Oui, l’équipe a besoin de vous, mais vous ne leur serez pas très utile si vous êtes épuisé et démoralisé.
Vous n’êtes pas moins humain que tous les autres, vous êtes aussi rongé par le doute, le stress, la peur. Alors rangez votre cape de boss super-héros et prenez d’abord le temps de digérer la réalité, de vous avouer que ce que vous vivez est toff.
Ensuite, prenez soin de votre santé mentale et physique. Fermez votre téléphone et méditez, marchez, courez, lisez, dormez au moins 7 heures par nuit.
Enfin, faites la liste des choses que vous pouvez contrôler et concentrez-y vos efforts. Vivez dans le moment présent, ne vous tracassez pas inutilement pour un futur qui est encore trop incertain. Ça, c’est le plus difficile à faire, mais les bienfaits sont quasi-instantanés.
Bon. C’est fait? Vous êtes maintenant mieux outillé pour attaquer les prochains points. ;)
2. Communiquez, communiquez!
S’il y a une chose que j’ai apprise de mon expérience à la tête des opérations chez Sigmund, c’est qu’aucune communication n’est suffisamment fréquente et/ou claire aux yeux des membres de l’équipe. Au début ça me sciait les jambes. Puis je me suis vite rendu compte qu’ils avaient raison.
La fréquence et le contexte de communications sont l’élément central de la sécurité psychologique en milieu de travail. Clarifiez la situation avant qu’elle ne devienne toxique. Désamorcez les fausses perceptions. Soyez transparent le plus possible dans vos propos, même si ceux-ci peuvent être difficiles : évitez les phrases vides de type « Ça va bien aller »; soyez réaliste mais positif en indiquant à l’équipe les moyens envisagés pour remédier aux situations poches.
3. Écoutez. Activement.
Par « communiquer », je veux dire « dialoguer ». Soyez à l’écoute. Être à l’écoute ne se traduit pas seulement par un mmh mmh occasionnel. Intéressez-vous à votre interlocuteur, son contexte, ses sentiments. Visez à le rassurer et lui donner confiance, et suggérez de façon constructive plutôt qu’à imposer votre vision.
Parlant de suggestions, considérez celles que l’équipe vous suggère en matière de logistique et des opérations. Et surtout, rendez les bonnes idées actionnables. Immédiatement. « Bonne idée Éric! Comment on fait ça et qui s’en occupe? ». Toujours gagnant pour la motivation et l’engagement :)
4. Collez à votre vision et vos valeurs.
Le confinement a sans doute bouleversé les opérations et la stabilité de votre équipe, mais il n’y a aucune raison qu’elle touche l’ADN de l’organisation. Si votre vision et vos valeurs ont transporté positivement votre équipe jusqu’au début de cette année, pourquoi tout chambouler maintenant? L’heure n’est pas au bilan; continuez d’appuyer vos décisions sur ce que vous êtes et croyez fondamentalement. Votre équipe a besoin que son leader demeure posé et conséquent en cette période chaotique.
Mais prenez des notes. Le confinement mettra peut-être au grand jour les lacunes de votre trio Mission/Vision/Valeurs. L’occasion sera bonne pour s’y attarder lorsque la situation se sera stabilisée.
5. (dé-)Gérez.
Nous avons encore les deux pieds dedans, mais il est facile d’imaginer que la situation actuelle établit les bases du modèle futur de gestion du travail pour une bonne partie des organisations. L’éloignement physique exige de vous un niveau de confiance accru en votre équipe, et cette confiance se manifeste des deux côtés : si l’équipe ressent cette confiance, l’impact sur l’engagement et les performances sera positif.
Par exemple, relâchez un peu sur les heures travaillées et concentrez-vous plutôt sur l’établissement d’objectifs clairs en fonction du potentiel de votre équipe!
Agir maintenant, pour le futur
Ce qui rend les solutions proposées encore plus pertinentes, c’est qu’il n’y a rien de jetable une fois la crise atténuée. Si vous considérez chacun de ces aspects et agissez en conséquence, vous et votre organisation en soutireront les bénéfices rapidement, et sur le long terme.
«Ça va bien aller». Yeah, right…
La pandémie a élargi le fossé qui sépare les bons leaders des moins bons.
La pandémie a élargi le fossé qui sépare les bons leaders des moins bons.
La pandémie COVID-19 nous a frappés en pleine gueule, pour utiliser un euphémisme. Nous, animaux sociaux, émergeant à peine de longs mois d’hibernation, n’avions même pas eu le temps de sortir nos vêtements printaniers du placard qu’Horacio nous sommait de rester à la maison jusqu’à nouvel ordre.
- Et notre resto du jeudi soir?
- Mmmh non.
- Pas même un croissant et un latté à mon café préféré?
- Non plus.
- Et si je veux m’acheter du papier de toilette au moins?
- Ça oui - s’il en reste - mais attendez patiemment au bout de la file qui fait deux coins de rue.
Le choc, vous dites!!
Et par-dessus tout, on adopte « Ça va bien aller » comme cri de ralliement. Bravo pour l’intention, mais perso si je perds ma job ou ma liberté, j’ai pas le goût de me faire dire que ça va bien aller. Bonjour l’empathie...
Des répercussions psychologiques et comportementales importantes
Quatre mois plus tard, on attend encore les répercussions économiques réelles du confinement puisque la majorité des entreprises ont rapidement été placées sur respirateur artificiel. Sur ce point, chapeau à vous, leaders et équipes. En à peine une couple de semaines, les besoins vitaux - matériel et technologique - ont été considérés. La résilience de l’être humain en mode survie ne cessera de m’étonner!
Les répercussions psychologiques et comportementales, elles, se précisent. Déjà, on avance certains résultats d’études sur le travail à distance :
80% des travailleurs apprécient le fait de travailler à distance.
70% se disent au moins aussi productifs, sinon plus, qu’ils ne l’étaient au bureau.
Seulement 8% espèrent revenir à leur « ancien » lieu de travail.
Cependant, 41% disent qu’ils sont prêts à changer d’employeur une fois déconfinés.
Plus le déconfinement se concrétise, plus l’incertitude augmente.
Ces chiffres évolueront sans doute au cours des prochaines semaines. Mais pour l’instant ils renforcent deux hypothèses qui ne datent pas d’hier :
Le flou entre le travail et la « vie » hors travail s’accentue. Une ancienne collègue me disait récemment combien elle appréciait le fait de partir une brassée de lavage après un meeting, « toutes ces petites choses qu’on devait faire en soirée auparavant ». Exemple banal mais vous comprenez l’idée. Les générations Y et Z considèrent de plus en plus le travail comme étant pleinement intégré dans leur vie. La notion de bien-être n’est donc plus réservée aux soirs et fins de semaine.
La crise a élargi le fossé qui sépare les bons leaders des moins bons. Cette période d’incertitude, de stress et de peur oblige les gestionnaires et leaders à s’attarder davantage aux relations humaines afin de rassurer leur équipe et maintenir la motivation et l’engagement au travail. Alors que le soutien des collègues et l’atmosphère de travail pouvaient auparavant compenser pour les lacunes relationnelles des leaders, celles-ci se sont révélées au grand jour en mode déconfinement.
Alors que peuvent faire les leaders pour rectifier le tir et se doter de conditions gagnantes dans le contexte du new normal?