L’illusion des raccourcis en leadership

Le leadership efficace est complexe et exige d’exclure d’emblée les postures génériques et les raccourcis trop faciles.

« Ben là tu nous demandes d’être fin·es avec nos employé·es pis tu dis qu’il faut aussi être fermes dans nos attentes. M’semble que ça fitte pas ! »

Cette remarque poppe régulièrement lors de mes formations. On a tendance à tracer une ligne claire entre gentillesse et fermeté et il nous apparaît inconcevable de faire cohabiter les deux postures.

La réaction est tout à fait compréhensible. Bien sûr, personne n'a envie d'être la figure d'autorité crainte ou détestée. En tant que gestionnaire, vous aspirez naturellement à créer un environnement de travail harmonieux et à être apprécié·e de votre gang.

Par contre, vous avez des objectifs personnels et d’équipe à atteindre. Vous voulez gagner et maintenir la confiance de la haute direction. Vous avez une idée claire sur la façon d’y arriver, mais vous avez besoin que l’équipe rame dans la même direction que vous.

Comment s’y prendre ?

Commencez par ouvrir le dictionnaire.

La sémantique au service du leadership

À la remarque citée en début d’article, je réponds à mes participant·es :

  • Je vous propose d’être humain·e, pas fin·e.

  • Je vous propose d’être sensible, pas faible.

  • Je vous propose d’être bienveillant·e, pas complaisant·e.

  • Je vous propose d’être ferme, pas tyrannique.

  • Je vous propose d’être authentique, pas intransigeant·e.

Pure sémantique !

Prenons un exemple : bienveillance vs complaisance.

Antidote dit de la la bienveillance que c’est une « Disposition favorable envers quelqu’un. »

Quant à la complaisance, Antidote mentionne qu’il s’agit d’une « Disposition à se conformer aux goûts, aux sentiments d’autrui pour lui être agréable, lui rendre service. »

Vous comprenez maintenant que la bienveillance est un acte d’ouverture lié à un désir de contribuer au bien commun, alors que la complaisance est plutôt née d’une impulsion égoïste de plaire, de se faire accepter et de convaincre.

La complaisance, souvent déguisée en bienveillance, peut paradoxalement devenir le plus grand obstacle à l'épanouissement de votre équipe. Pourquoi ? Parce que la complaisance se détecte à des kilomètres de distance et est perçue comme une tentative maladroite et vide de rallier les troupes. Elle se détecte facilement car, comme je l’expliquais dans mon article précédent, vous travaillez avec des adultes qui en ont vu d’autres.

Le leadership efficace (et humain) en est un de nuances et de zones grises où il faut se méfier des raccourcis. Ces derniers nous poussent à adopter une posture trop radicale ou générique qui peut donner des résultats satisfaisants à très court terme mais qui n’est pas viable si vous voulez développer une relation stable et performante avec votre équipe.

Je vous encourage donc à comprendre les nuances qui existent dans les définitions des postures qu’on attend de vous. Elles vous seront utiles pour répondre aux vraies questions qui vous habitent suite à une interaction importante avec l’équipe ou un·e employé·e :

  • Pourquoi ai-je agi de cette façon ?

  • Quelle cause ai-je réellement servi ?

  • Ai-je affiché de l’ouverture ?

  • De l’authenticité ?

Voyez, j’ai pas inclus « Ai-je été fin·e ou pas fin·e ? » 😉

 
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Gestionnaires, vous travaillez avec des adultes.